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Un apercu de l'aujourd'hui

Aujourd'hui, le mot "transsexualité" ambïgu et obsolète : Face à la visibilité des particularités liées à l'identité de genre, de nouveaux termes sont nés, principalement issus du fait qu'un individu (homme ou femme) peut tout à fait revendiquer un changement de "genre social" sans pour autant désirer une intervention chirurgicale et/ou une hormonothérapie.
Il existe donc aujourd'hui une nouvelle "transsexualité", intégrant toutes les couleurs du genre y compris la possibilité de "va-et-vient" (identité intergenre) et dans laquelle les « transformations » physiques -plus ou moins "poussées"- ne sont pas incontournables.

C'est pourquoi le terme "transsexualité" est de moins en moins utilisé car il ne reflète pas la réalité. On préfère aujourd'hui parler de "transidentité" puisqu'il s'agit bien d'une question liée à l'identité de genre et non à une "sexualité". Les personnes concernées sont donc appelées des "personnes transidentitaires" ou simplement "transidentitaires" ou encore "trans'". On peut toutefois encore parler de transsexuels ou de transsexualisme mais uniquement pour les personnes souhaitant une chirurgie génitale, qui représentent une petite partie de la transidentité.

Il est important de souligner que la notion de l'identité de genre est présente chez l'humain depuis toujours et d'insister donc sur le fait que nous ne sommes pas en présence d'un phénomène de mode mais davantage au coeur de l'humanité. C’est le développement d'une société libre qui permet à tous ses individus leur épanouissement et non seulement pour une « moyenne normée» correspondant à des critères que l’on croit bien connus (une femme fait des enfants, un homme réalise une carrière professionnelle, etc.). Cette liberté individuelle permet d'intégrer d'ailleurs dans le champ transidentitaire également les personnes réalisant une transition dans leur genre d'origine: "Je ne veux pas être la femme que l'on a fait de moi"…

Déconstruction, modification, reconstruction de "mon" genre… Qu'est-ce qu'un homme, qu'est-ce qu'une femme ? Les personnes transidentitaires interrogent la "constuction genrée" et par conséquent toutes les inégalités, découlant du système, dénoncées notamment par les associations féministes.

Evidemment, il est difficile pour un système binaire d'intégrer cette riche et plurielle notion de continuum: tout ça ne rentre plus dans les cases. C'est pourquoi, jusqu'ici en France, la réponse des institutions aux personnes transidentitaires souhaitant un changement d'état civil et/ou une prise en charge financière lié(s) à leur évolution se formule dans un cadre très étroit. Cela est possible seulement si la personne changeant de genre le fasse dans la norme commune, c'est à dire: changer son orientation sexuelle, porter des vêtements correspondants, et le plus étonnant: subir une opération génitale (considérée comme une castration-stérilisation et non comme une chirurgie plastique). Ce cadre très étroit est nommé clairement dans le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders).
Pour le système français actuel donc, on ne s'occupe que des transsexuels dans la mesure où ceux-ci acceptent tacitement l'étiquette "malades mentaux" et souhaitant une chirurgie génitale. Ainsi une toute petite part seulement des trans' est en relation avec ce système soi-disant "expert" (cf. plus loin).

Avec la parution d'une littérature et d'une filmographie mondiales de plus en plus riche, des associations de plus en plus nombreuses, on aurait pu penser que, simplement, les interlocuteurs (principalement les politiques, médias et CNAM) , interpellés par les organisations, auraient été intéressés par une réflexion commune et la recherche de solutions innovantes découlant des réalités (prise en charge financière, retirer la transsexualité de la liste des maladies, etc.). Malheureusement, si des remises en cause sont annonçées, on reste bien actuellement dans le même cadre (Rapport HAS - novembre 2009).

Là où on attend la mise en oeuvre d'un accompagnement, on trouve uniquement une réponse médicale protocolaire, une fabrique de genre normé (c'est pourquoi on préfère les trans' dits "primaires" (=jeunes) aux trans' dits "secondaires" (=vieux); plus faciles à modeler socialement et physiquement).

Grâce en grande partie au développement des moyens de communication instantanés proposés par internet, les échanges de points de vue, les confrontations de "vies" ont permis une organisation de la réflexion de groupe. Il en naît régulièrement des associations formelles ou informelles, locales ou nationales, ayant pour la plupart des objectifs communs tels que:
- Le retrait de la transsexualité de la liste des pathologies, (qui n’exclut pas un bilan de santé, un co-diagnostic, une aide psychologique, la prise en charge des changements médico-chirurgicaux liés quand ils existent),
- Le développement d'une "vraie" communication en direction du public le plus large possible, notamment à travers des actions culturelles, politiques, médiatiques pour informer directement,
- L’entraide pour éviter l'isolement,
- Le droit au changement de l'état-civil sur simple demande gratuite, en raison des difficultés sociales, juridiques, administratives, liées à la transidentité, et ce sans lien avec une chirurgie. (A noter que la HALDE formule réguliérement des recommandations à l'État dans ce sens, issues de cas de discriminations dûs à des problèmes de papiers d'identité).
- La prise en charge financière des frais liés au « parcours » (quand il y en a un) pour une égalité des droits.

Ce sont les associations qui assurent aujourd'hui un accompagnement : un énorme travail d'écoute, de soutien, d'information, de prévention et d'entraide pour les trans' mais aussi pour leur entourage.

Grâce à la visibilité des associations, il existe une demande de plus en plus forte des professionnels pour une information, parfois une formation. Souvent, les collectivités locales participent maintenant au financement de ses actions.


En effet, qui d'autres que les trans' peuvent former et informer de la réalité sociale des personnes transidentitaires ?

 


Si vous souhaitez proposer votre association, si vous recherchez des infos spécifiques (médicales, juridiques, administratives), si vous souhaitez être en contact direct avec des interlocuteurs concernés notamment dans le cadre d'études ou de reportages:contact

30/04/10 - Site sans caractére commercial réalisé par un groupe de transexuelles (transexuels, transsexuelles, transexualité)

Nota: L'orthographe des mots transsexualité, transsexuelle, transsexuel est souvent malmenée, c'est pourquoi positionner les sites d'information devant les sites à tout autre destination est très difficile. A travers ce site - donc pour des raisons techniques liées au référencement - apparaissent toutes les variantes: transsexuelle, transexuel, transexuele, trans, transexualité, ts, etc.